12 avril 2008
L'école...
Bon, je tiens à m'excuser auprès de vous amis lecteurs, parce que cela fait bien longtemps que je ne suis pas venue! Non pas que je délaisse ce blog, bien au contraire, mais je n'ai plus accès à internet, mon ordinateur portable m'ayant lâché!
Sinon je ne sais pas trop quoi vous dire dans cet article, je pense que je dois aussi m'excuser parce que ça va parler sexe, et obsession. Donc vous êtes prévenus, vous pouvez toujours arrêter de lire!
Qui a dit que l'internat c'était cool, qu'on y faisait un max de conneries et qu'on y passait les meilleures années de sa vie????
Car c'est vrai, l'internat c'est cool, mais encore faut-il tomber avec des gens cools, ce qui est mon cas! Je suis entourée par cinq-six filles bien tarées, ça n'aurait pu être mieux! On passe beaucoup de soirées à délirer et quand je dis délirer, c'est en dessous de la vérité. Ma camarade de chambre est une exhibitionniste qui n'a peur de rien, qui n'a honte de rien, complètement hétéro, mais qui poourtant est tombée sous le charme de deux lesbiennes, dont Elise.
D'ailleurs elle s'en donne à coeur joie avec Elise, et moi je me dit: "j'aimerais bien pouvoir me lâcher comme elle avec Elise, parce que là, j'avance pas!" Ma coloc est l'ennemie jurée numéro un de tout le couloir parce qu'elle fait trop de bruit et de conneries; étrangement nous qui sommes derrière à pouffer de rire, on nous capte pas, tant mieux, mais je crois qu'un jour ma coloc va se fairre tabasser, il faudra sûrement qu'on aille la soutenir.
Sinon l'internat c'est aussi un groupe de garçons d'un côté, et un groupe de filles de l'autre côté. Forcément le groupe de garçons s'intéresse au groupe de filles et inversement. Ça drague dans tous les coins, ça se bécotte et ça engendre des couples, mais aussi quelques situations assez malsaines! Beaucoup de gars et de filles sont arrivés à l'école avec une copine à l'extérieur. Au bout de quatre mois, la majorité d'entre eux ne sont plus avec leur conjoint, même après des relations de longues dates. On nous avait prévenu en début d'année, mais je ne pensais pas que ça serait à ce point. D'autres sont toujours avec leur conjoint, heureusement quelques couples survivent! Puis il y a les gars (je dis gars parce qu'ils sont plus nombreux que les filles dans ce cas là) qui ont toujours leur copine à l'extérieur, mais ils en ont aussi une (voir plus) dans l'école. Pratique: une la semaine à l'école puis l'autre le week-end chez soit, comme ça ils peuvent s'envoyer en l'air quand bon leur semble. Puis il y a les filles qui ne rêvent que d'une chose: s'envoyer en l'air avec un (ou tous d'ailleurs) instructeur. Elles sont quelques unes, et ça marche!
Bref, si j'ai deux choses à dire c'est:
* L'école est vraiment un baisodrôme
* Ne tombez jamais amoureuse d'un flic, vous serez malheureuse
Bref, parlons maintenant d'Elise, obsession numéro un de ma vie. Elle est lesbienne, c'est confirmé, et moi je me dis que je devrais toujours faire confiance à mon gay-radar, parce qu'il fonctionne plutôt bien. Elise est lesbienne, et moi j'aime Elise. On est toujours fourée ensemble, et elle vient toujours traîner avec moi plutôt qu'avec les gens de son groupe. Quand je reste fumer après les cours (oui je sais c'est mal), avant de remonter en chambre, elle vient me voir et on reste là à discuter, mais si elle, elle fume pas forcément. Au resto ou au bar, elle s'assoit pratiquement à chaque fois à côté de moi, elle m'aide à monter les escalier quand j'ai un peu trop bu, et ne m'envoie pas chier quand après une soirée arrosée je vais la réveiller à 06h30 du matin alors qu'elle s'est couchée à 03h30, parce que j'ai envie de discuter.
Elise est belle, drôle, elle est formidable, et plus je la connais plus je l'aime. Malheureusement, nos relations se contentent d'être amicales. J'aimerais lui sauter dessus, l'embrasser, lui dire combien elle me plaît, mais je n'y arrive pas. Je reste bloquée, on dirait une ado-prépubère, et pire, je mets une petite distance avec elle; je ne ferais pas certaines choses que je n'aurais aucun problème à faire avec d'autres. Mais j'ai peur que ce ne soit pas réciproque, que ça créé une gêne entre nous, que notre relation devienne plus distante. Bref, du coup je ne fais rien, et ça me bouffe chaque jour un peu plus.
J'ai même essayé de boire, pour que ça me déshinibe, que je me lâche, que je lui dise, mais même l'alcool ne m'aide pas, je garde toujours le contrôle et mon esprit semble fermé à cette idée. Quelle chose horrible quand le coeur et la raison sont en contradiction. Chez moi la raison l'emporte toujours. Pourtant mon coeur lutte mais il n'arrive vraiment à prendre le dessus que la nuit, dans mes rêves, hélas, ça ne restent que des rêves, rien de plus.
J'aimerais tant être plus extravertie, pouvoir dire les choses que je pense sans avoir peur des conséquences, mais non, il faut toujours que mon cerveau me dise stop, ne fait pas ça, arrête! Et comme c'est lui qui commande, et ben je ne peux pas lutter. Alors je reste là, à la regarder, me dire qu'elle est tellement belle, à fixer sa bouche en me disant que j'aimerais tant l'embrasser, la prendre dans mes bras ou me blottir dans les siens, à tenter de deviner ses formes sous ses vêtements.
Chaque jour qui passe rend la chose plus difficile, et ça me met le moral à zéro. Je passe mon temps à écouter les histoires de coeur des filles, et surtout de ma coloc, d'essayer de leur apporter des conseils, des solutions, de les réconforter. Elles ont l'impression que tout va bien pour moi, que si je ne dis rien c'est que je n'ai pas de soucis, qu'être célibataire m'empêche d'avoir des peines de coeur. Elles ont tord, mais moi je ne dis rien, je reste avec tout ça sur la conscience et parfois la nuit, les larmes montent et je ne peux les empêcher de couler. Je ne sais pas vraiment pourquoi je pleure, mais ça fait du bien, ça soulage.
Je suis un clown, mais rare sont les personnes qui me voient comme je suis réellement: une personne toujours de bonne humeur, toujours là pour les autres, toujours souriante, mais qui au fond d'elle-même n'arrive pas à être totalement heureuse, n'arrive pas à passer outre ses problèmes, qui rumine toute la journée, qui en a marre d'être elle.


